Rejet

 

Dans le jardin aux illusions

Où les fleurs ne peuvent pousser,

Il est un plant pour l’exclusion

Indignement ensemencé.

Les exclus viennent le joncher.

Ce n’est qu’un bouquet sans valeur,

Que le mépris saura faucher

Indépendamment des couleurs.

 

Je fais parti des condamnés,

Que l’on rejette froidement

Ces hérétiques,ces damnés,

Qui s’étiolent sous le firmament.

Vivants dans un tout-à-l’égout,

Hideux , infâme,bien fangeux,

Qui n’inspire que le dégoût

Au vu des valeurs de l’enjeu

 

Dans ma tête c’est le combat.

Je visionne les trahisons

Contre lesquelles je me débats

Car elles voilent mon horizon.

Ce, depuis mon accouchement.

Ma venue n’étant souhaitée

J’ai eu droit aux bleus, aux tourments,

En toute malhonnêteté.

 

Pas une flamme dans ce foyer !

Un froid très significatif,

Même le doc m’a fait larmoyer.

Je suis né zéro positif.

C’est souvent que dans ma carrée

Je m’étalais sur le careau

Fatigué, hébété, bourré

Par les coups sourds de mes bourreaux

 

Alors, j’ai taillé la route

Recherchant mon identité ;

Me sustentant de l’arrow-root

Que j’arrachais au débotté.

Errant sur mon chemin de croix,

Perdu en ce monde pervers

Auquel plus personne ne croit !

Où la laideur persévère !

Et à ce jour point d’embellie.

 

Simplement la morte-saison

Qui vous fane, vous avilit,

Vous prive de la cueillaison.

En cet enfer, sans renchérir,  

Où l’horreur a fait intrusion…

Moi, je me sens désespérir !

Atteint par la désabusion.

De Michel Folliet

07-01-2010.

Sortie

Yvette Nico