Cahiers intimes.

 

 

J’ai écris bien des poèmes,

J’ai écris bien des chansons ;

J’y mettais tout de moi-même,

J’y mettais toute ma passion.

Tout cela ne donnait rien,

Et je le savais très bien.

J’ai fini par déchirer,

Les secrets de mon cahier.

Pendant toutes mes nuits de veille,

Auprès de mes chérubins,

Je croyais faire des merveilles,

Et jusqu’au petit matin,

Je voyais ma destinée

Apparaître sur mon papier.

J’ai fini par déchirer,

Plusieurs pages de mon cahier.

Les fins de semaines d’ennui,

Toute seule avec mes tracas,

Mon mari étant parti,

Près des lacs et dans les bois ;

J’ai écris et gribouillé.

Dit : Que je pouvais aimer.

J’ai fini par déchirer,

La moitié de mon cahier.

Puis, les enfants ont grandis,

Je me suis fait une raison.

Tout ce que j’avais écrit,

Seulement moi, le trouvais bon.

Je n’ai pas fait de colère,

J’ai voulu que tout soit clair.

J’ai appris à pardonner,

Et j’ai gardé mon cahier.

Aujourd’hui, ma vie s’achève,

J’ai oublié mes ennuis ;

Pour moi, le soleil se lève,

C’est comme l’aube de ma vie.

Je refais d’autres poèmes,

Je refais d’autres chansons ;

Ceux-là diront : «  Je vous aime. »

Je les garde pour de bon !…

 

Terry. 1952

 

mise en page Yvette De France